L’entrepreneuriat alternatif en période de coronavirus : points d’attention pour l’horeca

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Tout le monde s’accordera à dire que le secteur de l’horeca fait actuellement face à des défis majeurs en raison des mesures imposées pour endiguer la propagation du coronavirus. Les établissements horeca belges ont dû fermer leurs portes depuis la mi-mars. Le défi financier est, dès lors, énorme pour eux. Tout porte à croire qu’il faudra encore un certain temps avant le secteur renoue avec son cours normal, même après l’assouplissement des mesures de confinement.

 

La gêne financière occasionnée est partiellement compensée par diverses mesures de soutien décidées par le gouvernement. Bon nombre d’entrepreneurs horeca ne sont pas restés les bras croisés et ont fait preuve d’une créativité inouïe pour créer des sources de revenus alternatives pour garder leur établissement sur les rails pendant le confinement. Nous ne pouvons qu’applaudir ces formes d’entrepreneuriat alternatif. Il convient néanmoins de tenir compte de la réglementation applicable pour ces activités complémentaires. Arrêtons-nous dès lors sur les points à prendre en considération pour la fourniture de repas à emporter et de chèques-cadeaux.

 

 

Repas à emporter et/ou livraison de repas à domicile

 

Aspects pratiques

  • Il est uniquement permis de proposer des repas à emporter ou livrés à domicile dans le sens strict du terme. Le client ne peut en aucun cas consommer le repas sur place.
  • Expliquez à vos clients que vous continuez de proposer des repas, mais sous une autre forme (retrait ou livraison) via les canaux numériques : sur votre site web, sur la page Facebook du restaurant, dans des mailings, sur les réseaux sociaux, etc. Votre établissement préservera ainsi sa visibilité.
  • La commande peut s’organiser de nombreuses façons : sur votre site, par e-mail, par téléphone, etc.
  • Si votre établissement horeca s’adresse essentiellement aux adultes, il peut être judicieux de proposer momentanément des plats pour les enfants. Vous toucherez en effet un public plus vaste et réduirez les obstacles qui pourraient les dissuader de passer commande pour toute la famille.
  • Surfez sur la demande en produits locaux et travaillez avec des produits de fournisseurs locaux. Ensemble contre le coronavirus.

Aspects financiers

  • Le prix de vente des plats ne doit pas être réduit par rapport à leur prix habituel sur votre carte. La qualité de la préparation reste, en effet, identique.
  • Outre le prix du plat, il importe également de veiller à conserver la marge habituelle (chiffre d’affaires/prix de revient chiffre d’affaires). Vous créerez ainsi la même valeur ajoutée, même en cette période exceptionnelle.
  • Au vu de la période de fermeture temporaire et de la baisse du chiffre d’affaires, il se peut que certaines boissons et certains aliments ne soient pas utilisés à temps. Pourquoi, encore une fois, ne pas résoudre ce problème de manière créative en mettant en place des actions ou promotions pour réduire les stocks ? Vous pouvez aussi proposer des boissons adaptées dans le menu à emporter, par exemple. 

TVA et caisse enregistreuse

  • Les repas à emporter et les livraisons de repas à domicile sont considérés, en matière de TVA, comme une simple livraison de marchandises. Des taux différents sont par conséquent d’application :
    • 6 % sur la livraison d’aliments et de boissons non alcoolisées ;
    • 21 % sur la livraison de boissons alcoolisées et sur certains produits de luxe.
  • Les éventuels frais de livraison facturés peuvent toujours être affectés au taux de TVA le plus faible de la livraison.
  • Si un établissement horeca utilise une caisse enregistreuse, il devra y enregistrer tous les retraits et livraisons effectués. Le client doit toujours recevoir un ticket SCE. Rien ne change donc à ce point de vue. Inutile, dès lors, de tenir un journal de caisse complémentaire.
  • Si l’établissement horeca n’utilise pas de système de caisse enregistreuse parce qu’il n’y était pas obligé avant la fermeture, il n’est pas nécessaire de remettre une souche TVA aux clients pour les retraits et repas à emporter. Chaque vente doit toutefois être inscrite individuellement dans le journal de caisse.

Réglementation en matière d'hygiène

  • Toutes les normes HACCP doivent être respectées en permanence, même si vous ne proposez des repas qu’au retrait ou à la livraison.
  • Si l’établissement ne proposait pas de repas à emporter ou de service de livraison avant la crise du coronavirus, il ne devra pas signaler ces nouvelles activités (temporaires) à l’AFSCA. En revanche, il devra bien évidemment respecter les consignes d’hygiène en vigueur à tout moment. Vous trouverez la vue d’ensemble de ces consignes dans la FAQ de l’AFSCA, mise en ligne spécifiquement à cet effet.
  • Il est essentiel de toujours communiquer les allergènes présents dans les repas proposés. L’AFSCA demande que cette notification soit faite par écrit, par le biais d’une mention sur le menu électronique, au moyen d’une étiquette apposée sur le repas ou qu’elle soit communiquée oralement au client. Il est toutefois recommandé de signaler les allergènes par écrit.

 

Chèques-cadeaux

 

Aspects pratiques

  • Une possibilité pour compenser partiellement la perte de revenus est de mettre en avant la vente de bons d’achat de votre établissement horeca. Ils seront très utiles pour renforcer la fidélisation de votre clientèle, tout en vous permettant, par exemple, de surprendre vos clients avec un nouveau menu dès que votre établissement rouvrira ses portes. De plus, vous anticipez ainsi des revenus ultérieurs, qui tomberont à un moment où vous en avez le plus besoin.
  • Faites en sorte que l’achat d’un bon d’achat pour votre établissement soit plus facile pour vos clients et affiliez-vous à l’initiative #horecacomeback mise en place par les fédérations sectorielles et les partenaires. Le fonds de garantie finira d’éliminer les incertitudes des établissements intéressés.
  • Couplez la vente d’un chèque-cadeau à une belle action : vos clients auront de quoi se réjouir.

Aspects comptables et fiscaux

  • En fonction du type de chèque-cadeau, la TVA liée à l’émission du bon n’est pas toujours exigible immédiatement. N’hésitez pas à nous contacter pour savoir de quelle catégorie relèvent les bons émis et connaître les règles de TVA en vigueur.
  • Les recettes des chèques-cadeaux vendus doivent être enregistrées dans le SCE. La façon dont elles sont enregistrées importe également : accordez-vous au préalable avec votre responsable client pour savoir comment vous y prendre au mieux.
  • Tenez une liste des chèques-cadeaux émis et de leur date de validité, afin de pouvoir en assurer un suivi tant pratique que comptable.

 

#Ensemblecontrelecoronavirus

En partenariat avec des organisations de travailleurs indépendants, la Vlaams Agentschap voor Innoveren & Ondernemen (agence flamande pour l’innovation et l’entrepreneuriat) a mis sur pied le site web koopinjebuurt.be. Cette plateforme est un point de rassemblement en ligne, où les consommateurs peuvent trouver les entrepreneurs locaux. L’inscription de l’établissement est gratuite, et il n’est pas nécessaire d’avoir une boutique en ligne ni d’être membre d’une des organisations. Il s’agit donc d’un outil idéal pour donner plus de visibilité à votre entreprise à l’échelle locale.

 

 

Si vous souhaitez recevoir plus d’information à ce sujet, contactez-nous par téléphone au 051 26 82 68 ou par e-mail à info@titeca.be.